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Batterie Solaire

Guide · Dimensionnement

Comment dimensionner sa batterie de stockage solaire

Un dimensionnement se joue sur quatre chiffres, dont un seul figure sur votre facture. Voici la méthode que nous appliquons, avec un exemple mené jusqu'au bout.

Lecture : environ 8 minutes

Le point de départ n'est pas la puissance de vos panneaux

C'est l'erreur la plus répandue : choisir une batterie proportionnelle à la puissance crête de l'installation photovoltaïque, comme si les deux devaient s'équilibrer. Ils ne remplissent pourtant pas la même fonction. Vos panneaux déterminent la quantité d'énergie que vous produisez ; la batterie détermine celle que vous pouvez différer dans le temps.

Un stockage sert à une chose : reporter de l'énergie produite en journée vers un moment où vous en avez besoin sans en produire. Sa taille se déduit donc de ce que vous consommez à ces moments-là — le soir, la nuit, tôt le matin — et de rien d'autre. Deux maisons équipées des mêmes panneaux mais aux rythmes de vie opposés n'appellent pas la même batterie.

Le raisonnement complet tient en quatre étapes. Comptez une trentaine de minutes, une facture d'électricité sous les yeux.

Étape 1 — Relever sa consommation réelle

Réunissez vos factures d'électricité sur six mois au minimum, idéalement une année entière. Ce qui compte n'est pas le montant mais le nombre de kilowattheures. La facturation étant le plus souvent bimestrielle, divisez le relevé par le nombre de jours de la période pour obtenir une consommation journalière moyenne.

Faites ce calcul sur deux périodes distinctes : un mois d'hiver et un mois d'été. Sous notre climat, l'écart devient considérable dès qu'une climatisation entre en jeu, et c'est la période haute qui doit servir de référence si vous voulez que le système tienne toute l'année.

Étape 2 — Isoler la part consommée hors production

De cette consommation journalière, seule une fraction transitera par la batterie. Tout ce que vous consommez pendant que les panneaux produisent est alimenté directement, sans passer par le stockage — et c'est préférable, puisque chaque aller-retour dans une batterie coûte quelques points de rendement.

La part à stocker est celle qui tombe hors des heures de production, grossièrement de la fin d'après-midi au lever du jour. Selon les foyers, elle pèse 30 à 50 % du total. Elle grimpe quand la maison reste vide en journée et s'anime le soir ; elle baisse quand quelqu'un y travaille toute la journée, ou quand une pompe de piscine et une climatisation tournent en plein midi.

Si votre compteur ou votre onduleur fournit une courbe de charge horaire, servez-vous-en : elle remplace avantageusement toute estimation. À défaut, partez de 40 % en gardant à l'esprit que ce chiffre reste le plus incertain des quatre.

Étape 3 — Convertir la capacité utile en capacité nominale

Vous tenez maintenant la capacité utile visée, exprimée en kilowattheures réellement restitués. Ce n'est pas ce qu'annonce l'étiquette d'une batterie. Les fabricants communiquent une capacité nominale, dont vous n'exploitez qu'un pourcentage : la profondeur de décharge, abrégée DoD.

Sur les 51 références de notre catalogue qui publient cette donnée, les valeurs relevées sont de 90 %, 95 %, 98 % et 100 %. La conversion tient en une division : capacité utile ÷ DoD = capacité nominale à commander.

Capacité utile viséeÀ 90 % de DoDÀ 95 % de DoDÀ 100 % de DoD
6 kWh6,7 kWh6,3 kWh6,0 kWh
10 kWh11,1 kWh10,5 kWh10,0 kWh
15 kWh16,7 kWh15,8 kWh15,0 kWh

Dix points de DoD d'écart représentent près d'un kilowattheure sur une batterie de dix. Rarement décisif à soi seul, mais suffisant pour fausser toute comparaison menée sur la seule capacité nominale.

Étape 4 — Vérifier la puissance, pas seulement l'énergie

Une batterie correctement dimensionnée en énergie peut se révéler incapable d'alimenter votre maison. Énergie et puissance sont deux grandeurs distinctes : la capacité en kilowattheures dit combien la batterie contient, la puissance en kilowatts dit à quelle vitesse elle peut le restituer.

Additionnez les appareils susceptibles de fonctionner ensemble un soir d'été : climatisation, plaques de cuisson, four, chauffe-eau, pompe. Vous obtenez un appel de puissance qui dépasse souvent 4 kW dans une villa. Si la batterie ne peut en délivrer que 3, le réseau comblera la différence — l'installation fonctionnera, mais pas comme vous l'attendiez.

Deux façons de lire cette limite sur une fiche technique. Certains fabricants publient directement une puissance de décharge en kilowatts. D'autres donnent un courant maximal en ampères : multipliez-le par la tension nominale pour obtenir des watts. Une batterie en 51,2 V limitée à 100 A délivre ainsi 5,1 kW.

Un exemple mené jusqu'au bout

Prenons une villa de la région de Marrakech, équipée d'une climatisation, occupée en journée par une seule personne et animée à partir de 18 h.

  1. Consommation relevée

    1 800 kWh sur une facture bimestrielle d'été, soit 30 kWh par jour sur soixante jours.

  2. Part hors production

    La maison est calme en journée. On retient 40 %, soit 12 kWh à restituer chaque soir.

  3. Passage en capacité nominale

    Sur une référence annoncée à 95 % de DoD : 12 ÷ 0,95 = 12,6. On cherche donc une batterie d'environ 13 kWh nominaux.

  4. Contrôle de puissance

    Climatisation 1,5 kW, plaques 2 kW, four 2 kW, divers 0,5 kW : 6 kW en pointe si tout fonctionne ensemble. Une batterie de 13 kWh en 0,5 C délivre 6,5 kW — la marge existe, mais elle est mince.

  5. Décision

    Une base de 13 kWh extensible, plutôt qu'un système figé de 20 kWh. Un module supplémentaire s'ajoutera après un hiver de mesures réelles.

Observez ce que produit la dernière étape : non pas un chiffre unique, mais une base et une trajectoire. 46 des 73 références de notre catalogue sont extensibles, dont 33 sur le seul segment résidentiel. Ajouter un module deux ans plus tard reste possible ; une capacité surdimensionnée dès le départ, elle, ne se rattrape pas.

Les cinq erreurs qui reviennent le plus souvent

  • Dimensionner sur la puissance des panneaux plutôt que sur la consommation du soir. C'est le point de départ faux dont découle tout le reste.
  • Comparer deux batteries sur leur capacité nominale sans regarder leur profondeur de décharge.
  • Viser l'autonomie complète alors que l'installation reste raccordée au réseau : tenir plusieurs jours sans soleil suppose une capacité sans rapport avec le gain obtenu.
  • Oublier la puissance de pointe, et découvrir après la pose que la batterie ne suit pas les gros appareils.
  • Surdimensionner par précaution. Une batterie qui n'est jamais vidée au-delà du tiers de sa capacité laisse les deux tiers restants sans emploi.

Le cas particulier de la coupure de réseau

Rester alimenté pendant une coupure ne relève ni du même calcul, ni même du même équipement. C'est l'onduleur, et non la batterie, qui décide de basculer la maison sur le stockage quand le réseau tombe : encore faut-il qu'il dispose d'une sortie de secours dédiée, absente de beaucoup d'installations photovoltaïques.

Si cet objectif compte pour vous, posez-le dès le départ : il pèse sur le matériel de conversion autant que sur le stockage, et il impose de trancher quels circuits resteront alimentés. Maintenir toute la maison, ou seulement l'éclairage, le réfrigérateur et quelques prises, ne conduit pas au même dimensionnement.

Confronter ce guide à votre cas

Un projet se tranche sur des chiffres réels. Envoyez-nous votre consommation, la puissance de votre installation photovoltaïque si elle existe et le modèle de votre onduleur : nous vous répondons avec une recommandation argumentée, pas avec un catalogue.